Comment la crise du Covid a transformé une passion de couture en démarche zéro déchet. L’histoire écologique de l’atelier Sidonie Créa, dans l’Oise.
Il y a des démarches écologiques qui viennent d’une conviction de longue date, et d’autres qui naissent d’une nécessité, puis ne repartent jamais.
Chez moi, c’est la deuxième histoire. Tout a commencé avec ma machine à coudre, un stock de tissu, et un printemps 2020 où plus rien ne se trouvait dans les magasins.
Coudre des masques, un premier réflexe
Au premier confinement, comme beaucoup de couturières amatrices, je me suis mise à coudre des masques en tissu.
À l’époque, c’était une réponse à l’urgence, pas encore un projet. Mais l’exercice a réveillé un vieux réflexe : celui de fabriquer soi-même plutôt que d’attendre un produit introuvable en rayon.
La pénurie qui a tout changé
Puis sont venues les pénuries de papier toilette et de coton, ces images de rayons vides qui ont marqué tout le monde.
J’ai commencé à chercher des alternatives réutilisables pour remplacer ce qui manquait : de quoi essuyer, nettoyer, démaquiller, sans dépendre du jetable.
Ce qui devait être une solution temporaire est devenu une manière différente de voir ma consommation du quotidien.
De la débrouille à la conviction
Une fois la crise passée, l’envie de continuer à produire ce genre d’objets réutilisables est restée.
Sidonie Créa est née de ce prolongement : transformer un réflexe de crise en savoir-faire, puis en métier. Aujourd’hui encore, les chutes de tissu ne partent jamais à la poubelle, elles deviennent trousses, garnitures ou patchworks.
Une démarche qui infuse chaque création
Cette origine explique pourquoi le zéro déchet n’est pas un argument marketing pour moi, mais une contrainte de fabrication assumée depuis le premier jour.
Chaque tissu est choisi pour sa provenance, chaque chute est réemployée, et chaque pièce est pensée pour durer plutôt que pour être jetée après un usage.


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